5 juin 2018
Critiques

Avec grâce et intensité

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Yves Leclerc, Le Journal de Québec

Mélange de grâce et d’intensité, la pianiste Marie-Ève Scarfone et le violoncelliste Stéphane Tétreault, avec son Stradivarius de six millions de dollars, ont offert, un concert unique, mardi, entourés de spectateurs, sur la scène du Palais Montcalm.

Le moment est unique et quelque peu surréel. Les sièges réguliers de la salle Raoul-Jobin sont vides. Les quelque 160 spectateurs sont sur la scène et les plus près sont à une dizaine de pieds du duo. Une quarantaine sont au-dessus des musiciens dans les corbeilles.

Les deux musiciens québécois inauguraient une toute nouvelle formule de concert intime, rappelant les salons de musique de l’époque, avec un programme constitué d’œuvres de Beethoven et Chopin.

À leur entrée sur scène, on entend le bruit des pas de Stéphane Tétreault et de Marie-Ève Scarfone sur le plancher de bois. Derrière le piano Steinway, la musicienne ouvre sa partition. On peut voir toutes les notes.

Photo : Jean-François Desgagnés

Les deux musiciens se lancent un regard et la prestation est lancée. On entend les inspirations du violoncelliste et le bruit du papier lorsque la pianiste tourne les pages de sa partition.

Stéphane Tétreault est intense et démonstratif. Ses sourcils bougent et sa tête se déplace de haut en bas au rythme de la musique et des coups d’archet sur cet instrument unique construit par Stradivarius en 1707.

Virtuosité

Marie-Ève Scarfone est un peu moins démonstrative. Elle est plus dans la grâce, lorsque l’on s’attarde au mouvement de ses mains sur le piano. Sur le bout de son siège, elle soulève ses mains à la hauteur de ses épaules, avant de les remettre, avec grâce, sur les blanches et les noires, lors d’un mouvement plus lent des 7 variations en mi bémol majeur sur Bei Männern, welche Liebe füelen de La Flûte enchantée de Mozart.

La sono est parfaite et le public démontre une écoute exceptionnelle.

Il y a une belle complicité entre les deux musiciens, qui avaient donné leur tout premier concert à vie, en 2013, dans la salle D’Youville, du Palais Montcalm. On le constate par les regards et les sourires qu’ils s’échangent et cette complicité sera aussi présente, musicalement, durant la Sonate pour violoncelle et piano en la majeur, opus 69 de Beethoven. Et plus particulièrement durant le mouvement Scherzo : Allegro molto, où les deux musiciens démontrent leur virtuosité. Une soirée unique et tout simplement magique.

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