4 juin 2018
Critiques / Quoi de neuf

Stradivarius et bandonéon, un mariage mixte fort réussi!

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Daniel Raymond, Atuvu.ca

Le vendredi 1er juin, dans le cadre du Festival Classica de Saint-Lambert, la St. Lambert United Church a été le théâtre d’un improbable mais néanmoins heureux mariage entre le violoncelliste Stéphane Tétreault et le bandonéoniste Denis Plante. La portée musicale de cette union ne s’est pas fait attendre puisqu’elle s’est immédiatement soldée par la paternité et l’enfantement… d’un superbe récital.

Messieurs Tétreault et Plante sont deux renommés virtuoses dont les univers parallèles, pourtant éloignés, se sont néanmoins ponctuellement rejoints et interconnectés. Tous deux ont une réputation qui transcende les frontières et une impressionnante feuille de route parsemée de reconnaissances, de distinctions et de prix.

En cette soirée aussi chaleureuse que mémorable, ils ont uni et déployé leur talent considérable pour nous offrir un rafraîchissant éventail de 14 œuvres d’auteurs aussi variés qu’Astor Piazzolla, Carlos Gardel, Angel Villoldo, Osvaldo Pugliese, Juan Carlos Cobian, Anibal Troilo et Denis Plante lui-même qui, incidemment, a arrangé toutes les pièces exécutées durant le concert.

Parmi celles-ci, deux seulement ont été jouées en solo : d’abord « Suite Tango » de Denis Plante, par Stéphane, et ensuite, « Che bandonéon » d’Anibal Troilo et Leopoldo Federico, par Denis. Les 12 autres pièces – pour duo – incluaient un magnifique « Avec Maria » de J.S. Bach et Charles Gounod, arrangé par Denis. Exception faite de cette œuvre sacrée, tout le programme était axé sur les rythmes du tango et de la milonga.

Nous avons, entre autres, pu apprécier, goûter et savourer les deux fameux tubes « Por una cabeza » de Carlos Gardel, et « Oblivion » d’Astor Piazzolla.

Durant tout le concert, le violoncelle et le bandonéon, ces deux inusités interlocuteurs, ont très efficacement dialogué dans leur langage musical commun, en des termes concertés qui ont continuellement ravi les auditeurs et même favorisé la multiplication des vers d’oreille. À défaut de pouvoir danser dans les allées, nous l’avons tout de même fait… dans notre tête.

Les duettistes ont amplement eu l’occasion de se faire valoir en démontrant fougue, passion, versatilité et incontestable virtuosité. Leur spectaculaire prestation leur a valu de nombreux applaudissements ainsi qu’une ovation debout très légitimement méritée.

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