3 juin 2018
Entrevues / Quoi de neuf

Une expérience musicale unique

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Yves Leclerc, Le journal de Québec

Il est très rare que le public puisse se retrouver sur scène, avec les musiciens, lors d’un concert de musique classique. Le violoncelliste Stéphane Tétreault et la pianiste Marie-Ève Scarfone leur offriront cette opportunité unique, mardi, au Palais Montcalm.

L’expérience d’être entouré, d’aussi près, par des spectateurs peut sembler intimidante, mais le violoncelliste québécois avoue adorer ce genre d’approche, qui rappelle les salons de musique, populaires au 19e et au début de 20e siècle.

« J’aime ça. Ça rend la chose plus intime », a-t-il laissé tomber, lors d’un entretien.

Au Palais Montcalm, les gens seront avec eux sur la scène et dans la section des chœurs. Il n’y aura personne dans les sièges du parterre et des balcons.

Le musicien qui joue sur un Stradivarius de six millions de dollars, qui a déjà appartenu à Paganini, avoue être flexible dans une situation de spectacle ou de performance. Il aime jouer dans toutes sortes de configurations.

« Je viens tout juste de participer à un événement dans une résidence et les personnes étaient tellement près de moi qu’elles auraient pu m’aider à tirer l’archet. Ça ne me déconcentre pas. Au contraire, ça ajoute de l’atmosphère et de l’ambiance. J’aime beaucoup ça », a-t-il indiqué.

Sur scène, les spectateurs auront accès à des sonorités différentes de celles que l’on peut percevoir à partir des sièges habituels avec le son produit par le frottement de l’archet et les respirations des musiciens.

« Ils vont aussi pouvoir entendre toutes les fausses notes que je vais faire. On va faire une petite prière avant le concert », a ajouté, en riant, le violoncelliste.

Au programme

Mardi, en compagnie de la pianiste Marie-Ève Scarfone, avec qui il a enregistré un album en 2015, il interprétera les 7 variations de Beethoven sur Bein Männem de La Flûte enchantée de Mozart et la Sonate pour violoncelle no 3 en la majeur du compositeur autrichien, de même que la Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur de Frédéric Chopin.

Le musicien admet ne pas avoir tenu compte de la configuration spéciale pour ce concert, lorsqu’il a bâti le programme de la soirée.

« Ce sont des pièces qui vont bien se prêter à ce genre d’expérience. Il y a quelque chose d’un peu plus intime dans Beethoven, surtout avec les Variations, où l’on va pouvoir mieux entendre les couleurs et les nuances qui sont dans cette musique et qui sont vraiment géniales. La Sonate de Chopin est une des plus grandes sonates du répertoire romantique pour violoncelle et piano. C’est, je pense, ma pièce coup de cœur et ça se prête bien à n’importe quelle configuration », a-t-il fait remarquer.

Le concert de mardi sera dédié à la mémoire de Jacqueline Desmarais, décédée le 3 mars dernier, qui a fait l’acquisition du violoncelle sur lequel Stéphane Tétreault joue depuis 2012.

« Les deux derniers mois n’ont pas été faciles. C’était spécial et émouvant, avant de joueur sur cet instrument, mais ça l’est encore plus aujourd’hui », a-t-il admis.

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