9 octobre 2015
Nouvelles

Stéphane Tétreault rend hommage à Vienne

Benoit Bergeron, RREVERB

Pour son deuxième album, Stéphane Tétreault a choisi de piger dans le répertoire de compositeurs qui ont résidé à Vienne à trois époques successives. Joseph Haydn est le digne représentant du classicisme du 18e siècle, Franz Schubert marque la transition entre la période classique et romantique du premier quart du 19e siècle, alors que Johannes Brahms a vécu pleinement l’époque romantique de la deuxième moitié du 19e siècle (sa musique est tout de même très influencée par les maîtres des époques classique et baroque). Tétreault explique son idée derrière le choix des œuvres : « Ce disque est une sorte d’hommage à Vienne. J’ai choisi des œuvres qui se complémentent, qui sont en symbiose. »

Sur l’album « Haydn, Schubert, Brahms », Tétreault interprète des œuvres pour violoncelle et piano, accompagné par la très bonne pianiste Marie-Ève Scarfone, sa complice depuis presque deux ans. Les trois pièces au menu offrent un bel équilibre, oscillant entre virtuosité, douceur, tendresse, mélancolie et humour. Le Divertimento de Haydn est vif et léger, la Sonate Arpeggione de Schubert (du nom de l’instrument désuet qui était un croisement entre la viole de gambe, le violoncelle et la guitare) est charmante et irrésistible, tandis que la Sonate no. 1 de Brahms détient une belle profondeur. Sur chacune de ces œuvres, Stéphane Tétreault fait preuve d’une assurance et d’un plaisir certains. Pour lui, « le Schubert est très complexe et technique, alors que Haydn et Brahms demandent beaucoup de musicalité ». Manifestement, ce sont des œuvres qu’il connaît bien et qu’il a souvent jouées en concert.

Les deux instrumentistes ont également réussi à aller chercher une balance sonore intéressante. Tétreault est plus à l’avant dans les œuvres de Haydn et de Schubert, alors que le piano se fait entendre davantage dans Brahms. La Sonate no. 1 de ce dernier est d’ailleurs intitulée « Sonate pour piano et violoncelle », plaçant le premier instrument au devant. La réalisation et la prise de son sont d’ailleurs superbes, et Stéphane Tétreault ne tarit pas d’éloges à l’endroit du réalisateur : « On avait un réalisateur extraordinaire en Carl Talbot. Moi et Marie-Ève avions déjà fait des disques, donc on savait ce qu’il fallait rechercher pour que ça sonne bien. »

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